26 octobre 1982: Il était une tragédie...

Vendredi 26 octobre 1982. 7eme journée de première division dans une Algérie mondialiste qui vibre plus que jamais pour le football. Et quelle journée?! Le Milaha Hussein Dey d'un certain Rabah Madjer recevait pas moins que le Mouloudia Pétroliers d'Alger au stade vieillissant et mal entretenu du vélodrome d'Alger dans une affiche explosive. En effet, quelques semaines plus tôt, lors du mercato d'été, le Mouloudia d'Alger séduit par la performance du meneur de jeu du MAHD a tenté de s'attacher les services de ce dernier mais le Milaha fera pression sur son joueur et mettra un terme à la transaction. Une rivalité nait alors entre les deux clubs qui comptaient bien régler leurs comptes durant ce derby.

Dès lors, le stade s'avèrera trop exigu pour les stars qui allaient fouler la pelouse et leurs milliers de fans qui devaient s'entasser dans les gradins. D'autant plus qu'une autre rencontre était programmée en ce même lieu quelques heures plus tôt. Un certain OM Ruisseau recevait dans son fief la JS Djidjel. Deux équipes qui comptent elles aussi des milliers de fans dans les quartiers environants du stade. 

14h, sortie des mosquées en ce jour saint. Tout Alger accourait alors vers le Ruisseau. Il s'agissait pour les supporteurs de ne surtout pas rater le derby de la saison. Mais sur place, une mauvaise surprise attendait les fans des deux équipes. Le stade était déjà bandé et ses portes sont restées fermées. En effet, les supporteurs de la JSD comme ceux de l'OMR alléchés par l'affiche suivante, ont refusé de quitter les lieux et préféré squatter les tribunes. Pas de place donc pour ceux du MPA comme pour ceux du MAHD hormis quelques privéligiés qui ont pu s'entasser tant bien que mal côte à côte. 

Dehors, c'est la cohue générale. Devant la désorganisation totale des responsables du stade, les fans ont décidé d'agir. La décision est vite prise, que les portes leurs soient fermées au nez ne les empêchera pas d'accéder au stade et assister à l'affiche de cette phase aller. Les supporteurs décident alors d'enjamber le mur de l'enceinte et font irruption dans un stade déjà comble. Les places se faisant rares, les derniers arrivés, et devant le manque flagrant de services de sécurité, montent sur la toiture jamais entretenue, notamment celle du virage sud, du temple sportif. Une décision qui s'avèrera fatale. 

Tous ce beau monde n'attendait bien sûr qu'une seule chose: l'entrée sur la pelouse de Rabah Madjer. Les uns pour l'applaudir, les autres pour lui crier leur désarroi et colère. A l'époque, un speaker annonçait l'entrée des joueurs sur le terrain. Au fur et à mesure que le nom de Madjer approchait, la tension se faisait sentir plus forte. "Numéro 5, Merezkane. Numéro 6 Mekideche....". Les mouloudéens se mettent alors à taper des pieds dans les tribunes comme, malheureusement, sur les toits fragilisant un peu plus la structure qui supportait à peine le poids de ses locataires du jour. 

La sortie de Madjer fera exploser le stade et sa toiture qui se brisera en deux dans sa partie la plus à l'Est du virage Sud. une pluie de supporteurs et de métal tombait alors sur les fans assis dans ces gradins. Entassés et pris au piège par les barrodages qui entouraient la main courante, beaucoup n'ont pas pu fuir. Résultat: 11 morts et des centaines de blessés dont des dizaines qui en portent toujours les séquelles allant parfois jusqu'au handicap moteur.

La rencontre, annulée, sera rejouée le jeudi 13 janvier 1983 et remportée par le Milaha 1-0.

Une tragédie qui ne se renouvellera jamais dans l'histoire du football algérien et qui engage directement l'incompétence des structures sportives de l'époque à organiser un simple match de championnat. Le stade 20 août sera revêtu plus tard d'une nouvelle toiture mais à quoi bon? Le mal était déjà fait! Nous rendons ici hommage à nos morts. Longue vie au Mouloudia.

Mouloudia.info